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Au coeur du vasculaire

Publié le 30 mar 2025Lecture 4 min

ESPIC

Régis MOREAU, Directeur général, hôpitaux Saint-Joseph et Marie-Lannelongue, Paris

Le monde de la santé (vasculaire y compris) est le champion toute catégorie des acronymes. Dans cette forêt d’acronymes se cache une clairière qui abrite certains d’entre nous et elle se prénomme ESPIC. Ce nom a été créé le 21 juillet 2009 par la loi HPST (hôpital, patients, santé, territoires) (on ne se refait pas). Il venait remplacer le nom de PSPH. Et oui, en résumé, la loi HPST a transformé les PSPH en ESPIC au sein de la FEHAP !!! Je pense être dans le thème des acronymes.

Mais que voulons-nous cacher derrière tous ces acronymes ? Et bien, une organisation au profit des patients qui a fait ses preuves, qui a été souvent citée en modèle et qui est la plus répandue en Europe. Il est probable que ma fonction de président de la conférence des DG (directeurs généraux) de la FEHAP, notre fédération, me pousse à manquer d’objectivité. Ainsi, la loi Hôpital, Patients, Santé, Territoires (HPST) a transformé les établissements Participant au Service Public Hospitalier (PSPH) en Etablissements de Santé Privés d’Intérêt Collectif (ESPIC) organisés au sein de la Fédération des Etablissements Hospitaliers et d’Aide à la Personne (FEHAP). Ouf !   En quoi ces établissements se distinguent-ils des autres et que représentons-nous ?   Tout d’abord dans leurs origines, les ESPIC et leurs établissements sont hébergés au sein de fondations ou d’associations qui, dans plus de 80 % des cas, sont d’origine congréganiste (charité chrétienne pour tous, gratuite) ou créées par de riches familles donatrices et industrielles souhaitant offrir une prise en charge de qualité et gratuite à leurs ouvriers. Ils prennent souvent leur origine au siècle dernier. Pour faire partie du « club » des ESPIC, il faut s’engager à : - participer au service public de santé ; - donner un accès aux soins sans reste à charge (obligation unique de notre secteur) ; - avoir des praticiens salariés (dérogations possibles) ; - ne pas avoir d’activités lucratives (reversement de 100 % des résultats au profit de l’institution). Les ESPIC se distinguent aussi par leur organisation. Ils sont dirigés par des conseils d’administration composés de bénévoles qui y consacrent du temps par conviction et sans rétribution (on y trouve d’anciens industriels, des membres des familles fondatrices, des dirigeants d’entreprises, etc.). Les praticiens étant salariés, nous appliquons les tarifs des établissements publics tout en étant de statut privé. Par ailleurs, notre organisation est proche d’une gestion privée afin d’assurer la pérennité de nos structures. Le nombre d’établissements associatifs a eu tendance à diminuer ces 20 dernières années au profit d’établissements plus importants. En effet, afin d’assurer notre survie dans un monde de la santé de plus en plus concurrentiel et qui nécessite des investissements de plus en plus lourds, beaucoup d’entre nous ont fusionné.   Ainsi en 2024, que représentons-nous, et pour qui (sources 2023) ?   Nous sommes plus de 1 500 associations et fondations en France qui gérons plus de 5 600 établissements dont 850 établissements sanitaires (hôpitaux). Nous employons près de 350 000 salariés dont plus de 105 000 dans le sanitaire avec 7 500 ETP (équivalent temps plein) médecins salariés et 4 500 libéraux. Il est bon de rappeler que nos établissements sanitaires représentent moins de 10 % de l’offre de soins au côté des établissements privés à but lucratif et des établissements publics. Pour autant, nous sommes très présents sur des secteurs clés en lien avec l’activité vasculaire. Nous traitons 45 % des dialyses en France, 57 % de l’HAD (hospitalisation à domicile), et nous sommes aussi très présents dans la recherche et l’innovation… Nos fondations et associations ont su maintenir un maillage territorial fort, en lien avec des activités médicosociales et un champ du handicap. Cette présence nous permet de rester un partenaire incontournable des territoires et de travailler en filières de soins : du domicile, en passant par l’hospitalisation, les soins de suites, la résidence autonomie et l’EHPAD (établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes). L’évolution des techniques chirurgicales invasives et non invasives, les outils numériques qui vont au domicile du patient, les filières diagnostiques que nous avons conservées avec des centres de santé, nous permettent d’être incontournables dans beaucoup de régions aux profits d’un grand nombre de patients et nous donne confiance en l’avenir de notre modèle. Notre organisation en filières de prise en charge toutes connectées entre elles est à l’image de la chirurgie vasculaire, un système irrigué par différents vaisseaux (maisons de santé, EHPAD, SMR [soins médicaux de réadaptation], dialyse, etc.), au service du cœur (nos établissements sanitaires) et dans lequel chaque embolisation peut mettre en péril l’écosystème qui reste fragile. Notre modèle perdurera si nous arrivons à maintenir ce haut niveau d’excellence chirurgicale et de recherche, couplé à un maillage territorial qui permet à nos équipes de trouver des relais de croissance hors des murs de l’hôpital. Ainsi, un grand nombre d’établissements ESPIC conserve et développe des filières de prise en charge hors les murs (parfois avec un modèle économique plus équilibré comme l’HAD et la dialyse) en lien avec des activités hospitalières de pointe et consommatrices de ressources. C’est ce qui fait notre différence et assurera notre avenir. Ce juste point d’équilibre, couplé à une bonne gestion à laquelle nous associons nos médecins, nous permettra de continuer à investir et attirer les compétences de demain qui assureront notre avenir.

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