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Lu pour vous

Publié le 30 mar 2025Lecture 3 min

Carbon Footprint of Elective Endovascular Abdominal Aortic Aneurysm Repair

Jimmy DAVAINE, Hôpital européen Georges Pompidou, Paris

Contexte. Nous avons la chance en chirurgie vasculaire d’avoir en France des gens à la pointe sur cette thématique de la durabilité en chirurgie. La chirurgie est pourvoyeuse d’une quantité importante de gaz à effet de serre. Le bloc opératoire représente 20 à 30 % des déchets hospitaliers et consomme jusqu’à 6 fois plus d’énergie que certains autres services de même taille dans l’hôpital. Cette étude est la première à évaluer l’empreinte écologique d’une endoprothèse aortique, sujet qui s’y prête bien puisque c’est une procédure très standardisée qui utilise un nombre important de dispositifs à usage unique. L’étape d’après est d’identifier des stratégies pour réduire les émissions de gaz à effet de serre.

Méthodes. Étude prospective observationnelle monocentrique portant sur l’ensemble des procédures de type EVAR entre janvier 2022 et avril 2023. Les procédures étaient réalisées en salle hybride sous anesthésie générale. Les sources de gaz à effet de serre étaient répertoriées : consommables chirurgicaux et anesthésiques, produits pharmaceutiques (médicaments), les déplacements du staff et du patient, le chauffage et l’électricité, le fret et les déchets opératoires. Les méthodes d’analyse de ces paramètres sont détaillées dans la publication. Les quantités émises de gaz à effet de serre étaient analysées à l’aide d’un logiciel dédié (Bilan carbone, développé par l’Agence française de la transition écologique) et les résultats étaient exprimés en équivalent de CO2 (CO2-eq).   Résultats. Au total, les données de 15 procédures EVAR consécutives utilisant le dispositif Zenith Alpha de chez Cook ont été collectées. Une endoprothèse standard génère en médiane 108 kg de CO2 -eq et 21 kg de déchets. Elle nécessite 67 dispositifs à usage unique produits dans 24 pays différents et 19 produits pharmaceutiques. L’anesthésie générale représentait 90 % des émissions pharmaceutiques. Une seule endoprothèse est équivalente à un trajet en avion de 1 100 km ou à 5 jours de consommation d’un individu en France en termes de gaz à effet de serre. Les produits pharmaceutiques et les consommables étaient le poste le plus pourvoyeur de gaz à effet de serre représentant 73 % de l’émission globale. Le fret était négligeable. Le cœur du problème est le plastique pour ce qui concerne les consommables, puisque ce composant représente 97,6 % de l’ensemble. Les plus polluants sont les composants les plus lourds, clairement les champs opératoires et les packs endovasculaires avec une émission de 6,2 kg de CO2-eq. L’endoprothèse et son lanceur représentaient uniquement 2,2 % des émissions totales. Cette étude pilote donne beaucoup d’informations sur les pistes à développer pour réduire notre émission de carbone. De manière contre-intuitive les produits pharmaceutiques étaient la première source de gaz à effet de serre et sont donc liés à l’anesthésie générale. L’autre piste tient dans la rationalisation et l’amélioration de l’utilisation des consommables et dans l’optimisation du circuit d’élimination des déchets ; peut-être plus difficile à suivre, la piste consistant à promouvoir les mobilités douces et les industriels locaux. De telles mesures pourraient considérablement, mises bout à bout, réduire l’empreinte carbone d’une chirurgie pour endoprothèse (environ 25 %) et seraient transposables à d’autres procédures, et ce sans impacter sur la qualité du soin dispensé au patient. L’implication des praticiens est décisive. Alors tous à vos green teams ! Sénémaud J et al. Eur J Vasc Endovasc Surg 2023 ; 66 : 877-8.

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